Entreprise

Standard Bank flirte avec l’une des premières licornes fintech du Nigeria

Le géant bancaire sud-africain négocierait une prise de participation dans OPay, licorne fintech nigériane soutenue par SoftBank et Sequoia Capital. Une opération encore incertaine, mais qui traduit l'appétit grandissant des banques africaines pour les plateformes de paiement num

Le géant bancaire sud-africain négocierait une prise de participation dans OPay, licorne fintech nigériane soutenue par SoftBank et Sequoia Capital. Une opération encore incertaine, mais qui traduit l'appétit grandissant des banques africaines pour les plateformes de paiement numérique. Aucun accord n'a pour l'instant été scellé.

Standard Bank Group discute actuellement d'une possible entrée au capital d'OPay Digital Services, l'une des fintechs les plus en vue du continent africain. L'information a été rapportée alors que la société nigériane, valorisée à plusieurs milliards de dollars, prépare également une potentielle introduction en Bourse aux États-Unis. Les pourparlers en sont à un stade très préliminaire et rien ne garantit qu'ils déboucheront sur une transaction concrète.

Ce rapprochement s'inscrit dans un moment charnière pour le secteur des paiements numériques au Nigeria. En janvier 2026, la Banque centrale nigériane a accordé le statut national à plusieurs fintechs et institutions de microfinance, parmi lesquelles OPay et sa concurrente Moniepoint. Cette évolution réglementaire a officialisé une réalité déjà tangible sur le terrain, puisque ces plateformes opéraient de fait dans l'ensemble du pays. Elle s'accompagne toutefois de nouvelles obligations, notamment des exigences de capital renforcées pour les microfinance banks ayant obtenu ce statut national.

Pour Standard Bank, miser sur OPay reviendrait à s'ancrer davantage dans un marché des paiements en pleine effervescence. Le groupe bancaire n'a cependant dévoilé ni le montant envisagé pour cette opération, ni la structure qu'elle pourrait prendre. Aucun partenariat commercial, aucune distribution croisée de produits entre les deux entités n'a non plus été annoncée à ce jour. L'hypothèse d'une prise de participation reste donc, pour l'heure, à l'état d'intention.

OPay n'en est pas à son premier tour de table retentissant. En août 2021, la société avait bouclé une levée de Série C de 400 millions de dollars, menée par SoftBank Vision Fund 2. Cette opération avait propulsé sa valorisation autour de 2 milliards de dollars et constituait, à l'époque, le tout premier pari du fonds japonais sur une start-up africaine. Les données de CB Insights confirment ce chiffre et placent OPay parmi le cercle restreint des licornes du continent.

La trajectoire ne s'est pas arrêtée là. Selon des informations communiquées en 2024 par Opera, l'un de ses actionnaires historiques, la valorisation de la fintech aurait ensuite grimpé jusqu'à près de 3 milliards de dollars, portée par l'expansion de sa base d'utilisateurs au Nigeria comme en Égypte. OPay se revendique aujourd'hui première licorne fintech du marché nigérian et compte parmi les applications financières les plus utilisées au monde. Un tel palmarès n'est pas anodin lorsqu'on l'observe à l'aune des ambitions affichées par Standard Bank.

Cette manœuvre potentielle s'inscrit dans un mouvement plus large de recomposition entre banques classiques et fintechs sur le continent. Plusieurs rapports sectoriels consacrés à la finance numérique ouest-africaine décrivent déjà OPay comme un partenaire stratégique pour de nombreux acteurs établis, notamment à travers son intégration poussée avec Interswitch, pensée pour fluidifier l'interopérabilité des paiements et l'acceptation marchande.

Face à cette dynamique, les banques régionales se retrouvent devant un choix structurant, celui développer leurs propres outils numériques, nouer des partenariats commerciaux ponctuels, ou investir directement au capital de fintechs à forte croissance.

Rien n'indique cependant, à ce stade, que Standard Bank inscrirait cette démarche dans une stratégie continentale plus vaste d'alliances avec les acteurs de la finance digitale. Quelle forme prendrait finalement cette opération, si elle se concrétise ? La question reste entière, tout comme celle de savoir si d'autres banques africaines suivront ce même chemin vers les géants fintech du continent.

Articles similaires

EntrepriseBGFIBank ouvre son capital, une opportunité aussi pour les investisseurs congolaisLe Groupe BGFIBank lance une nouvelle émission d'actions par appel public à l'épargne, ouverte du 15 septembre au 15 octobre 2026. L'objet de l'émission est le financement de la croissance du groupe et le renforcement des fonds propres de ses filiales, sans qu'une liste précise dEntrepriseBGFIBank, seule banque d'Afrique centrale reconnue par Forbes en 2026Le groupe BGFIBank vient de décrocher une reconnaissance qui dépasse le cadre régional, une place dans le tout premier classement Forbes des banques les plus performantes au monde, publié le 9 septembre. Sur les 500 établissements retenus dans 89 pays, seuls 22 viennent d'AfriqueEntrepriseRDC : À Kangu, BGFIBank RDC investit 20 000 USD dans l'avenir des jeunes fillesLa salle est encore silencieuse quand les premières tables trouvent leur place contre le mur. Dans quelques semaines, des jeunes filles de Kangu et des communautés environnantes viendront s'y asseoir pour apprendre l'esthétique, l'informatique ou la coupe et couture. Mais ce 19 sEntrepriseBGFIBank RDC lance le Crédit Électroménager : quand le financement bancaire s’invite dans les projets du quotidienEt si votre prochain réfrigérateur, votre télévision ou votre machine à laver pouvait être financé sans vider votre épargne ? BGFIBank RDC lance une nouvelle solution de crédit dédiée à l’équipement du quotidien. L'accès au financement bancaire ne concerne pas uniquement l'acquis