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RDC : 150 millions USD de recettes télécoms, un chiffre à décortiquer

Sans attendre la clôture de l'exercice, le secteur des télécommunications a déjà franchi la barre des 150 millions USD de recettes non fiscales fixée pour 2026. Un résultat qui met en lumière le poids grandissant du numérique dans le financement de l'État congolais, mais qui lais

Sans attendre la clôture de l'exercice, le secteur des télécommunications a déjà franchi la barre des 150 millions USD de recettes non fiscales fixée pour 2026. Un résultat qui met en lumière le poids grandissant du numérique dans le financement de l'État congolais, mais qui laisse aussi planer plusieurs interrogations sur sa composition exacte.

L'annonce a été faite le 18 août 2026 par José Mpanda, ministre des Postes, télécommunications et numérique (PTNTIC), à l'occasion des arbitrages préparatoires au budget 2027. Selon lui, son ministère a dépassé l'objectif annuel assigné en matière de recettes encadrées par la Direction générale des recettes administratives (DGRAD), judiciaires, domaniales et de participations. Une déclaration notable dans la mesure où elle intervient alors que le troisième trimestre de l'année n'est pas encore terminé, et sans que le montant précis du dépassement ait été rendu public.

Ce résultat ne repose pas sur un impôt unique frappant les opérateurs télécoms. Plusieurs actes générateurs alimentent en réalité ce flux de recettes. L'arrêté interministériel fixant les droits et redevances du secteur impose notamment une contribution annuelle équivalant à 3 % du chiffre d'affaires hors taxes pour diverses activités télécoms, ainsi qu'une tarification sur l'usage du spectre radioélectrique, évaluée à 52 500 USD par MHz pour certaines fréquences mobiles. D'autres recettes proviennent des licences, du renouvellement des autorisations, de l'exploitation des réseaux Internet et de la fibre optique, ou encore des services satellitaires et postaux.

L'homologation des équipements télécoms importés vient s'ajouter à cette liste, taxée à 5 % du coût de revient ou de la valeur CIF. Cette diversité de sources traduit une réalité simple, celle où chaque euro de chiffre d'affaires supplémentaire généré par les opérateurs se répercute mécaniquement sur les recettes publiques. L'octroi de nouvelles fréquences ou la mise en service d'infrastructures récentes viennent renforcer cette dynamique, tantôt de façon durable, tantôt à travers des rentrées exceptionnelles.

L'équation reste toutefois incomplète tant que l'origine précise du dépassement n'est pas connue. Aucune ventilation entre redevances sur chiffre d'affaires, fréquences, licences et homologations n'a été fournie par le ministère ni par les comptes rendus disponibles. Cette absence de détail complique l'évaluation du phénomène, entre une croissance structurelle du secteur qui se confirmerait dans la durée et un simple effet ponctuel lié à une opération isolée sur le spectre ou une licence.

Il faut par ailleurs replacer ce montant dans son juste cadre budgétaire. Les 150 millions USD annoncés concernent uniquement les recettes DGRAD, une catégorie parmi d'autres puisque les opérateurs contribuent également via la fiscalité ordinaire et les droits de douane. En juin 2026, la Banque centrale du Congo évaluait à 337,7 milliards CDF l'ensemble des recettes DGRAD toutes assiettes confondues, un chiffre qui dépasse très largement le seul secteur télécoms.

Pour bâtir le budget 2027, l'essentiel ne sera donc pas de rehausser mécaniquement l'objectif fixé aux télécoms, mais bien de comprendre la nature du dépassement enregistré cette année. Une redevance liée au chiffre d'affaires garantit une trajectoire plus stable qu'une rentrée exceptionnelle issue d'une licence. C'est sur la base de l'exécution définitive de 2026, et de la ventilation détaillée qui devra l'accompagner, que l'on pourra juger si les télécoms s'imposent durablement comme un pilier des recettes non minières du pays.

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